A Paris dans les années soixante, Momo, un petit garçon juif de 12 ans, devient l’ami
du vieil épicier arabe de la rue Bleue. Mais les apparences sont trompeuses : Monsieur
Ibrahim, l’épicier, n’est pas arabe, la rue Bleue n’est pas bleue et l’enfant n’est
peut-
Eric-
Faire connaître ce texte est avant tout un acte citoyen, un devoir de mémoire, une ouverture sur le monde, un message d’une brûlante actualité.
L’objectif de la mise en scène a été, dans une grande sobriété, de bien dessiner les douze personnages interprétés par un seul et même comédien avec une rondeur dans le jeu, une précision dans le geste, en faisant apparaître certains en esquisse, silhouette, d’autres (les trois principaux) d’une façon fouillée, approfondie. Ce mélange offre une spontanéité, faisant croire à la présence de plusieurs comédiens, fruit d’un travail psychologique sur chacun des protagonistes.
Le déroulement de l’action est ponctué par des phrases musicales, extraites des œuvres de Schubert évoquant la nostalgie et d’Eric Satie pour le rythme et la caractérisation du moment, et des musiques orientales du 12ème siècle pour la symbolique du voyage et de la mort en Anatolie. Cette illustration sonore confère au spectacle une harmonie s’inscrivant particulièrement en adéquation avec le texte.
Le décor est résolument symbolique et dépouillé : un fauteuil, une caisse enregistreuse, un tabouret, un tapis. Le vêtement est unique, foncé, d’où se dégage la blancheur d’une chemise, symbole de la sagesse et de l’innocence.